La lèpre Un fléau d’hier… et d’aujourd’hui

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La lèpre Un fléau d’hier… et d’aujourd’hui

L’origine de la lèpre se perd dans la nuit des temps. Si dans les pays développés elle disparait progressivement, en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, ses victimes se comptent encore par centaines de milliers.

La lèpre apparaît en Europe dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Elle touche les nerfs périphériques, la peau et les muqueuses, et provoque des infirmités sévères. Elle est endémique dans certains pays tropicaux (en particulier d’Asie). La lèpre est une maladie peu contagieuse. Longtemps incurable et très mutilante, elle a entraîné en 1909, à la demande de la Société de pathologie exotique, « l’exclusion systématique des lépreux » et leur regroupement dans des léproseries comme mesure essentielle de prophylaxie. La maladie est aujourd’hui traitable par antibiotiques ; des efforts de santé publique sont faits pour le traitement des malades, l’équipement en prothèses des sujets guéris, et la prévention.Causes et mécanismes de transmissionLa lèpre est due à une infection par la bactérie Mycobacterium leprae, identifiée par le Norvégien Gerhard Armauer Hansen en 1873. La transmission de cette bactérie est mal connue. Elle remonte souvent à l’enfance par inhalation de « postillons » d’un lépreux contagieux. Elle se fait également par des mucosités de lépreux mises au contact d’ulcérations ou de plaies cutanées, enfin par l’intermédiaire d’objets souillés : linge, natte, oreillers… Tous ces modes impliquent les contacts étroits et durables d’une promiscuité de type familial. La transmission héréditaire n’existe pas. En outre, le sol infecté et les insectes vecteurs (punaises, moustiques) pourraient jouer un rôle dans la transmission de la maladie.

On distingue deux types de lèpre. Les patients non traités atteints du type lépromateux hébergent un grand nombre de Mycobacterium leprae dans leur muqueuse nasale, les sécrétions nasales, la salive, les lésions cutanées. La lèpre tuberculoïde, la forme la moins sévère, est généralement considérée comme non contagieuse. L’incubation, exceptionnellement longue (plusieurs années), explique que la maladie ne se développe que chez les jeunes adultes. Dans la forme lépromateuse, la dissémination du bacille est beaucoup plus importante avec, à la biopsie de peau, présence prédominante de lymphocytes CD8+ et d’autres cytokines28.

Manifestations

Depuis les années 1960, afin de mieux standardiser et réglementer la thérapeutique, l’OMS a classé les formes cliniques de la lèpre en deux groupes. En premier, les formes multibacillaires, correspondant aux formes lépromateuse et intermédiaires, ayant plus de cinq lésions cutanées. Dans le second groupe, on a les formes paucibacillaires, correspondant essentiellement à la forme tuberculoïde. La lèpre tuberculoïde est la plus fréquente. Elle associe de grandes taches dépigmentées sur la peau, qui est devenue insensible au toucher, à bords nets, uniques ou en petit nombre, contenant peu ou pas de bacilles. Les éruptions cutanées, comme dans toutes les formes de lèpre, sont non prurigineuses. On notre également  des troubles nerveux touchant les membres, avec troubles de la sensibilité et anomalies cutanées : ulcères, maux perforants, mutilations, paralysies. Ces patients ne sont pas contagieux.

La lèpre lépromateuse est une maladie générale. C’est une forme où les lésions cutanées et muqueuses prédominent. L’atteinte cutanée prédomine, avec des macules hypochromiques (avec ou sans anesthésie) discrètes, à contours flous. Puis apparaissent les lésions typiques de cette forme, les lépromes, qui sont des papules (nodules infiltrés) luisantes nodulaires de sensibilité normale, siégeant sur tout le corps, mais prédominant au visage (avec épistaxis et congestion nasale). L’atteinte des nerfs est moins sévère dans cette forme, ces patients sont contagieux.

Traitement

Bien que non mortelle, la lèpre expose à des invalidités sévères et des handicaps permanents si elle n’est pas traitée à temps. Le traitement comporte plusieurs antibiotiques, afin d’éviter de sélectionner des souches résistantes du germe. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande depuis 1981 une polychimiothérapie (PCT) comprenant trois médicaments, la dapsone (DDS), la rifampicine (RMP) et la clofazimine (CLO). Le Mycobacterium leprae développe en effet des résistances en cas de monothérapie. Ces trois antibiotiques constituent le traitement de référence de l’OMS. Cette association médicamenteuse détruit l’agent pathogène et guérit le malade. La durée du traitement oscille entre 6 et 24 mois, selon la gravité de la maladie.

Pendant longtemps la lèpre fut traitée avec de l’huile de chaulmoogra, ou Acide chaulmoogrique à partir des graines du taraktogenus hydnocarpii mais cette huile avait l’inconvénient d’être chère et de faire éclater les seringues. Puis avec l’huile dolno, huile découverte par le Père spiritain Clément Raimbault créée à partir de graines de takamaka des Hauts (Calophyllum tacamahaca), arbre courant à La Réunion.

Selon les données récentes de l’Organisation Mondiale de la Santé, il y aurait toujours 175 000 malades enregistrés dans le monde. Seulement, plus de 200 000 nouveaux cas dépistés chaque année, soit un toutes les 5 minutes. Il est donc important que le combat se poursuive.

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